ADVOCACY FRANCE
Le jour où des personnes peu habituées à parler seront entendues par
des personnes peu habituées à écouter, de grandes choses pourront arriver.

Valeurs de l'association

Les valeurs de l’association

 

Une même idée de l’homme nous unit en profondeur :

 

Notre homme n’est pas l’homme neuronal, ni l’homme uniquement social, ni même l’adition des différentes conceptions, l’homme « bio-psycho-social », mais, au-delà de cette somme, c’est l’Etre. C’est un homme pensé dans sa globalité, dans ce qu’on appelle une approche holistique.C’est un homme qui vit pour de vrai, qui respire et qui aime.C’est un homme convaincu de son incomplétude et de ses faiblesses, c’est un homme révolté, c’est un homme amoureux de la vie.

 

Les notions fondamentales : le vrai et le juste

 

Ø Le vrai,  c’est différent de la vérité. La vérité renvoie à du savoir, le vrai renvoi à du vécu. Le vrai c’est l’authentique. On ne triche pas avec le vrai, on ne ment pas. Par exemple si au nom du juste on prend position par rapport à l’hospitalisation sous contrainte, on ne peut pas refuser le principe de l’hospitalisation sous contrainte dans notre société, même si on est contre l’hospitalisation sous contrainte car on ne peut nier qu’elle puisse être nécessaire.

Si le vrai renvoie au vécu, ça impose à l’association de « faire des choses pour de vrai », et pas de se contenter de revendiquer des principes.

Ø Le juste renvoie à la question de l’égalité profonde entre les hommes. Non pas une égalité comme similitude, mais une égalité dans l’existence. Le juste, c’est l’égalité comme valeur avec la vie en plus, l’égalité comme valeur incarnée et vécue au jour le jour. Si l’on considère que tout homme est différent de tout autre homme (même dans le cas de vrais jumeaux), il est juste de considérer que cette différence ne justifie pas une différence de traitement. Le juste est une notion beaucoup plus essentielle que le droit. Le juste c’est la reconnaissance universelle de « se sentir en droit de », ce qui est différent de « avoir droit de ».

 

Les notions fondatrices : la dignité, le respect, la non-discrimination/non-disqualification, l’intégrité

 

Les principes qui découlent de ces deux notions fondamentales vont être les principes mêmes sur lesquels seront étayés les Droits de l’Homme et du Citoyen.

 

Ø La dignité de la personne : c’est le principe selon lequel un être humain ne doit jamais être traité comme un moyen mais comme une fin en soi (Bossuet).

La dignité c’est la reconnaissance de la valeur de la personne (un dignitaire c’est une personne de haut rang).

 

Ø Le respect est évidemment totalement lié à la dignité. Les 2 concepts sont souvent définis l’un par l’autre. Le respect c’est l’attitude sociale qui permet la dignité et en même temps qui va être suscitée par la prise en compte de la dignité (C’est parce que l’on respecte quelqu’un qu’il va être traité avec dignité mais aussi, si l’on prend en compte sa dignité, on va le respecter).

 

Ø La non-disqualification : c’est la conséquence du respect : si je respecte cette personne, je prends en compte sa valeur. A l’inverse si je ne le respecte pas, je vais lui dénier toute valeur, toute qualification (la disqualification est généralement absolue et rarement relative).

 

Ø La non-discrimination : La discrimination est indispensable à la disqualification pour que celle-ci soit absolue. Discriminer c’est désigner de manières spécifique. En soi, la discrimination ne serait pas répréhensible si elle n’était globalisante et péjorative. Quelqu’un peut avoir tel ou tel attribut (par exemple avoir une peau noire), sans être discriminé (ce qui est le cas si l’on dit que c’est un nègre). Revendiquons notre spécificité au lieu d’en avoir honte. De la disqualification et de la discrimination, quel est l’œuf et quelle est la poule ? La discrimination est nécessaire à la disqualification mais la disqualification justifie la discrimination (c’est parce qu’il est fou qu’il est incapable, mais aussi c’est parce qu’il se montre incapable que je dis qu’il est fou).

Ces questions sont extrêmement délicates et essentielles car si la reconnaissance de la souffrance permet le soin, comment alors ne pas mettre une étiquette ?

 

Ø L’intégrité : La prise en compte de l’intégrité de la personne prend ici tout son sens. Il s’agit de considérer la personne dans sa totalité (et donc comme être humain respectable) et de refuser de le résumer à une de ses caractéristiques (sa couleur de peau, son orientation sexuelle ou sa pathologie). Ceci n’exclue pas le fait que cette personne est traversée par des contradictions, des antagonismes, voire des « dédoublements de personnalité », et d’une incomplétude fondamentale.

 

Les notions opératoires : la santé mentale, la démocratie

 

Ø La santé mentale est un enjeu essentiel pour nos valeurs, en raison même de la place qu’occupent la discrimination et la disqualification. La question de la santé mentale touche à la question de l’Etre. Aucun sujet ne remet autant en question la reconnaissance même de l’Etre en tant qu’être, que la qualité d’humain d’une personne. L’aliéné est-il un être humain ? Pas pour les nazis, il y a 60 ans de cela.

La question de la santé mentale touche à la question de la liberté de l’Etre (la maladie mentale est une pathologie de la liberté disait Henri Ey), mais aussi de la liberté de la personne et l’exercice de droits fondamentaux.

La question de la santé mentale touche à la question du rapport de l’individu à son environnement, à la question de la reproduction humaine, à la question de l’éducation, du travail, autant de questions fondamentales pour les hommes en général, questions cruciales pour les personnes handicapées en général, questions déterminantes pour les personnes en souffrance psychique. On ignore aujourd’hui totalement « les causes » de la souffrance psychique. La « maladie mentale » est-elle même une maladie ? Une manière d’être et d’agir ? Une sous-culture ? La stigmatisation elle existe bel et bien. On ne brûle plus les sorcières, pourquoi a-t-on toujours peur du fou ?

 

Ø La démocratie est aujourd’hui le principe d’organisation sociale qui permet le plus le respect de la personne. Il faut distinguer démocratie représentative et démocratie participative sans les confondre mais aussi sans omettre l’une ou l’autre.

La démocratie représentative permet depuis un siècle l’exercice d’une organisation sociale reconnue juridiquement. Cette organisation sociale (l’association) n’est en principe démocratique qu’au niveau législatif. Seule l’assemblée générale peut valablement délibérer sur les statuts mais rien ne l’empêche de se donner des statuts anti-démocratiques. Il paraît cependant souhaitable que les règles de fonctionnement de l’association le soient. Elle peut aussi s’associer librement à d’autres associations, au niveau national comme européen et international. Personne morale elle parle, elle a la liberté d’expression, mais n’a pas la citoyenneté politique. Si elle vote, c’est à l’intérieur d’un système associatif (ou dans certains cas économique) exclusivement. La démocratie représentative repose sur la délégation de pouvoir. Elle est opératoire.

La démocratie participative (qu’il ne faut pas confondre avec une participation à la démocratie représentative, l’erreur est souvent faite), permet l’exercice d’une responsabilité directe et d’une prise de parole personnelle. Elle est essentielle à une action collective réelle. La démocratie participative suppose non pas le citoyen mais l’acteur d’une part et d’un groupe ou d’un collectif d’autre part et l’inscription de cet individu dans le groupe et le collectif. La différence entre le groupe et le collectif est essentielle : un groupe fonctionne comme une entité homogène. On peut se demander si le groupe supporte la démocratie. Il aura tendance à fonctionner de manière tribale. Le collectif c’est un rassemblement de personnes. Parfois elles n’ont pas le même but mais cherchent quelque chose ensemble. La démocratie participative ne nécessite pas de structure juridique, ni de pérennité. Elle nécessite une action en commun qui suppose des « volontaires », des volontés.

  •  La citoyenneté.  Loin d’être pour nous un concept fourre-tout, cette notion, telle que nous l’entendons, est illustrée par le nom de notre Bulletin « Le Mégaphone ». Il s’agit de la prise de parole, dans l’espace public, tant pour faire entendre la cause des personnes en souffrance psychique, « personnes invisibles » dans la société qui va , trop souvent décider à la place des intéressés eux-mêmes,  que pour faire respecter le droit à la parole, trop souvent bafouée parce qu’elle dérange, de ceux-là mêmes qui souffrent du sentiment d’incompréhension.Cette « fonction mégaphone » est la traduction du terme anglais « advocacy » ; elle résume bien notre devise : « Le jour où des personnes non habituées à parler seront entendues par des personnes qui n’ont pas l’habitude d’écouter, alors de grandes choses pourront arriver ».

picto Communiqué :

Le "Consensus de Blois" : A la suite du Colloque organisé le 10 novembre 2016 par l'UNIOPSS, l'ADESM et Santé Mentale France, au cours dfuquel Philippe Guérard a prononcé le discours ci-dessous, les différentes associations dont Advocacy ont travaillé sur un texte commun, sorte de plateforme à soumettre aux candidats pour les Présidentielles.

Vous trouverez ce texte dans la rubrique "communiqués" - Administration

Discours prononcé par Philippe GUERARD au nom des usagers en Santé mentale,  le 10 novembre 2016, à Blois, en ouverture du Colloque: Quels défis en santé mentale? coorganisé par l'UNIOPSS, SMF et... Lire la suite

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